Dans le but de faciliter la lecture de nos prochains articles pour nos lecteurs novices en escalade, nous décrivons ici succinctement les principales techniques que nous utilisons ainsi que le vocabulaire technique employé. C’est loin d’être complet donc, avant de vous lancer dans une grande voie, croisez les sources et demandez l’avis de personnes expérimentées !

Tout d’abord, la règle de sécurité de base en escalade est d’être assuré par au moins deux points pour ne pas chuter au sol si l’un de ces points cède.

Monter en tête signifie grimper une voie en installant soi-même les protections, appelées dégaines, qu’il faut clipper dans des broches ou des plaquettes vissées dans la roche avant d’y accrocher la corde d’assurage que retient son binôme.

Au sommet de la voie se trouve un relais, il doit être constitué d’une chaîne reliée à deux points d’assurage et un anneau (ou un mousqueton) qui permet de s’y attacher avec une longe et un mousqueton (appelé « la vache ») relié à son baudrier afin de faire passer sa corde d’assurage dans l’anneau puis redescendre en étant assuré par son binôme en bas. Celui-ci pourra ensuite monter la voie « en moulinette », c’est-à-dire en étant retenu par la corde toujours tendue vers le haut.

En cas de chute, le grimpeur montant en tête est retenu par la dernière dégaine qu’il a clippée dans un point d’assurage donc il peut potentiellement faire une chute de plusieurs mètres amortie par l’élasticité de la corde. 

Ainsi, c’est une charge mentale bien plus importante de monter en tête qu’en moulinette car, dans ce cas, on est assuré par le haut avec la corde légèrement tendue donc la chute est faible.

La « couenne », ou l’escalade de falaises, signifie grimper une seule voie puis redescendre en moulinette donc le relais tout en haut est très souvent chaîné afin de ne pas avoir à laisser de matériel sur place. 

Une grande voie est une succession de voies où, généralement, il y a seulement deux points proches non chaînés au relais. C’est au grimpeur en tête d’installer un relais, c’est-à-dire mettre un mousqueton dans chacun des points puis de les relier à une sangle dont on fait un nœud pour se « vacher ». 

Ensuite, on peut installer l’équipement qui va permettre d’assurer son partenaire depuis le haut avec un reverso et des mousquetons pour qu’il puisse monter en moulinette jusqu’au relais avant de monter la voie suivante en tête et installer son relais afin d’assurer son binôme et vice et versa, jusqu’au sommet. Nous avons assuré notre premier de cordée en ayant le système de freinage accroché sur le pontet du baudrier. 

Concernant la conception du relais, nous avons principalement réalisé des relais triangulé mobile mono-directionnnel (image de gauche) comme l’illustre ce schéma tiré du site Petzl.com. Nous réalisons un nœud de huit sur notre dynaloop  puis venons fixer un mousqueton primaire dans la boucle. Cette méthode nous a été enseigné lors de notre stage UCPA. Elle est simple et rapide. 

Arrivé au sommet, on peut avoir la chance de disposer d’un chemin pour redescendre à pied mais, généralement, il faut faire un rappel grâce à un relais équipé, c’est très souvent le cas pour les grandes voies. 

Dans ce cas on s’assure soi-même avec un noeud autobloquant autour de la corde dit  “noeud de machard” et le système réverso fixé à la double corde.

Les lettres A à C permettent de graduer les niveaux d’escalade ci-dessous et on ajoute un “+” si une voie est entre deux graduations.

3 : c’est un chemin de randonnée un peu pentu mais faisable en chaussures de marche

4 : nécessite d’utiliser les pieds et les mains, mieux vaut des chaussons d’escalade

5 : c’est le début des réelles difficultés qui requièrent de la technique et des muscles spécifiques pour monter

6 il faut un entraînement régulier, chaque graduation et même demi graduation représente un écart de niveau significatif avec des techniques spécifiques et de bonnes conditions mentales et physiques

7, 8 et 9 : c’est un autre monde, une autre galaxie, un autre univers qui nous sont inconnus, vous pouvez regarder les films et documentaires sur les pros pour vous faire une idée

  • Anneau autobloquant (appelé « machard »): une cordelette souple qui permet de sécuriser la descente avec un nœud de machard.
  • Assureur descendeur Reverso : il permet d’assurer avec une ou deux cordes et de fixer le reverso sur le relais grâce à la boucle. 
  • Chaussons Escalade grandes voies : privilégier des chaussons relativement confortables, facile à retirer lors de l’assurage
  • Corde : il est préférable de monter avec deux cordes, idéalement de 50 mètres chacune afin de pouvoir descendre sur de longs rappels. Pour cela, on relie les deux cordes entre elles avec un double nœud afin d’avoir 100 mètres de longueurs et donc pouvoir faire des rappels de maximum 50 mètres. C’est ce que nous avions grâce à Aurélien, l’ami de Thibaut
  • Dégaines : en prévoir au moins une vingtaine
  • Dynaloop ou un anneau de sangle : pour la confection du relais. La dynaloop est une corde dynamique ce qui présente l’avantage d’encaisser des chutes de facteur 2. Elle est également plus résistante (protection des UV et des frottements par la gaine).
  • Longe double (ajustable) : elle permet de sécuriser le grimpeur lorsqu’il se vache (s’attacher) au relais. La longe double permet d’être toujours en sécurité avec deux points d’ancrage. Enfin, l’aspect ajustable constitue un élément de confort précieux pour être dans une bonne position pour assurer son second ou son leader.    
  • Magnésie : cette poudre blanche magique procure d’immenses bienfaits psychologiques pour le grimpeur aux mains moites, attention à ne l’appliquer que sur la paume des mains, ou éventuellement sur la plante des pieds pour les puristes comme l’illustre Patrick Edlinger ou alors carrément sur les chaussons comme Thibaut 🙂
  • Maillon rapide : en cas d’échec, permet de récupérer les dégaines et de sécuriser la redescente en laissant uniquement le maillon rapide sur place
  • Mousquetons : en prévoir 3 pour le relais, 2 pour la longe (“vache”) et 2 pour le reverso.
  • Talkie walkie : très pratique en grande voie lorsque l’on a peu de visibilité sur son binôme
  • Topos : Une photo du topo sur chaque téléphone de la cordée est indispensable pour se repérer, se situer en cas de difficultés ou tout simplement pour trouver la voie. Pour préparer ces grandes voies, nous nous sommes abondamment servis des ressources ci-dessous
    • Bornes Aravis, de Bonneville au Grand Bornand. Tome 1 900 voies, 1900 longueurs, Edition 2025 par l’association Ekirproc, G. Bruno
    • Camptocamp : site internet collaboratif qui regroupe des informations pratiques pour faciliter et contribuer à la sécurité des activités de montagne (rando, escalade, alpinisme). Ce site est particulièrement précieux. Les informations sont régulièrement mises à jour par toute la communauté.  

Bac : désigne une bonne prise main  

Crux : passage le plus difficile de la voie escaladée qui est en quelque sorte la “clé” pour franchir cette étape

Dalle : inclinaison de la paroi au dessus de 90°, il faut de la technique dans les pieds

Dévers : inclinaison de la paroi en dessous de 90°, il faut du muscle dans les bras

Donner du mou : détendre la corde d’assurage

Gaz : du vide sous les pieds

Morpho : excuse imparable pour justifier une incapacité à attraper certaines prises en raison de la taille de son corps, objet de nombreux débats 🙂 (je fais 1m89, Thibaut 1m76)

Prendre sec : tendre la corde d’assurage

Rando : voie très facile

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Hugues B.